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Lutte contre la vie chère : Le gouvernement avoue-t-il son impuissance ?

Nouveau Réveil- 6/7/2021 
   
C’est un secret de polichinelle. La vie est chère en Côte d’Ivoire. Il ne se passe pas de jour sans un article de presse sur la cherté de la vie en Côte d’Ivoire. Cette problématique est sur toutes les lèvres dans les rues, dans les salons, dans les bureaux, dans les gares, dans les marchés (Bref). C’est un débat qui est toujours d’actualité mais rien ne change. Le gouvernement dit qu’il fait tout ce qui est en son pouvoir pour faire baisser les prix. Une direction générale chargée du commerce intérieur et un Conseil national de lutte contre la vie chère (CNLVC), dirigé par un Secrétaire exécutif, Dr Ranie-Didice Bah-Koné ont même été mis sur pied pour faire face à cette épineuse question qui asphyxie les populations. Des décisions sont prises en longueur de journée par le gouvernement. Mais le triste constat est que rien ne change dans aucun secteur. Les prix ne font que grimper même si certains dont Dr Bah-Koné ne souhaitent pas qu’on “donne l’impression que le marché flambe“. Une chose est claire. Comme le dit l’adage “On a beau chasser le naturel il revient toujours au galop“. Les faits sont têtus et perceptibles sur le terrain. Le marché est cher. Tout le monde le sait y compris le gouvernement qui fait des pieds et des mains pour essayer désespérément de contenir cette situation. Les mesures du gouvernement s’avèrent inefficaces. Car la réalité est bien là. Les prix grimpent à tort ou à raison. Et les consommateurs en sont victimes. Ils n’en peuvent plus.



Le consommateur à l’impression d’être livré à lui-même

Devant l’inefficacité des méthodes du gouvernement, le consommateur à l’impression d’être livré à lui-même. Que ce soit au niveau des produits saisonniers comme manufacturés, on note que le gouvernement essaie de faire des efforts mais le problème est que la population ne perçoit pas le changement. De sorte qu’on se demande si les méthodes du gouvernement sont efficaces. L’on dit gouverner c’est prévoir et anticiper. Il ne s’agit donc pas d’expliquer pourquoi c’est comme cela mais de faire en sorte que ce ne soit pas ainsi. Les Ivoiriens attendent de leurs dirigeants qu’ils fassent en sorte que le coût de la vie baisse. C’est tout ce qu’ils demandent. « Le contrôle est effectif sur le terrain. Les agents du ministère du Commerce sont dans toutes les régions du pays. Il y a environ 300 agents de contrôle au ministère du Commerce face à plus de 100 mille sites de commerces en Côte d’Ivoire. On ne peut donc pas mettre un agent contrôleur devant chaque boutique en Côte d’Ivoire, sachant qu’elles ouvrent à 6h pour fermer à 22h. Techniquement, ce n’est pas possible. Nous pensons que les consommateurs doivent venir avertir lorsque l’Etat fixe les prix. Si on vous dit que le kg de viande avec os est à 2600 FCFA, ça devient un droit pour vous. Celui qui vous fait payer plus cher vous escroque. Les consommateurs doivent être conscients de cela. C’est au consommateur de refuser de payer plus cher. » Nous a confié lors d’une interview, le secrétaire en charge du conseil de lutte contre la vie chère. Face à cette assertion, plusieurs questions reviennent. Le gouvernement a t-il vraiment les moyens de faire le contrôle avec 300 agents sur toute l’étendue du territoire ? Mais qu’est ce qui est fait par le gouvernement pour dissuader ces vendeurs qui augmentent les prix au vu et au su de tout le monde ? Une chose est certaine, ces 300 agents agréés pour le contrôle s’avèrent très insuffisants pour opérer un contrôle efficace. Nous sommes donc d’accord avec le secrétaire en charge du Conseil de lutte contre la vie chère sur cette question. Ces 300 agents du ministère du Commerce ne peuvent même pas assurer efficacement le contrôle dans même une petite commune comme le Plateau. Car dès le passage du contrôleur, le commerçant véreux remet son ancien prix qui est cher. Le contrôle est donc inefficace.



Quelques solutions

Le gouvernement pourrait aborder autrement la problématique. Pour régler la question de contrôle sur le terrain le gouvernement, à travers le Premier ministre, envisage de recourir à l’installation de comités locaux dans les localités. C’est une méthode qui a déjà été expérimentée et qui s’est avouée inefficace.

Pour la question des produits saisonniers, c’est une simple question d’ordre économique. C’est-à-dire une question de production et non de commercialisation que le gouvernement peut aider à résoudre. La production à contresaison peut permettre de résoudre le problème. A cet effet, l’Etat peut faire l’usage des quatre fleuves dont dispose la Cote d’Ivoire pour développer un système d’irrigation qui permettront de faire de la production à contre-saisons. Surtout que la Côte d’Ivoire regorge d’assez de cours d’eau en plus des fleuves. Cela a été expérimenté ailleurs tels que l’Egypte et l’Israël qui produisent en plein désert à travers le système d’irrigation.

La Côte d’Ivoire dispose également de la technologie appropriée et des ingénieurs agronomes, aptes à faire face à la production à contre saisons. La véritable solution est la loi de l’offre et la demande. Il faut utiliser les produits de contre saisons et produire suffisamment afin que l’offre augmente significativement pour faire baisser les prix. L’augmentation de l’offre est également valable pour les produits manufacturés. Il convient par conséquent la mise en œuvre d’une volonté politique claire dans ce sens pour y parvenir. En tout état de cause, le gouvernement gagnerait à envisager d’entreprendre des mesures susceptibles d’apporter des solutions concrètes aux populations.

FRANÇOIS BECANTHY


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