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Grève au ministère de l`Agriculture - Benjamin Irié (président du collectif des agents) : “Tout est bloqué… Nous allons tenir jusqu`à ce que l’Etat nous entende”

Nouveau Réveil- 17/7/2009 
   
Les agents du ministère de l'Agriculture sont en grève. Hier, après un meeting, M. Benjamin Irié, président du collectif des agents, a expliqué, ici, les raisons de leur colère.


Que se passe-t-il au ministère de l'Agriculture ?

Nous sommes en grève depuis septembre 2007. C'est une grève illimitée que nous reconduisons chaque fois qu'il y a un blocage dans l'avancée de notre discussion.


Une grève qui dure depuis deux (02) ans, qu'est-ce qui est à l'origine de ce mécontentement ?

Tout est bloqué, il n'y a pas de discussion, il n'y a pas de négociation. Plus de quatre (04) fois, nous avons demandé à rencontrer le ministre de l'Agriculture pour discuter de ce dossier. Mais il n'a pas voulu comprendre.


Quel est ce dossier ?

Il s'agit de prime. Mais aussi du matériel de travail au niveau du ministère de l'Agriculture. C'est un secteur stratégique et c'est un cri du cœur. Nous sommes des agronomes et nous connaissons le défi pour la sécurité alimentaire. Mais ce personnel doit être motivé.


Est-ce qu'on vous écoute ?

Nous sommes un syndicat mature. Il faut dire que nous avons eu une avancée avec le ministre en essayant d'élaborer un projet de décret consensuel ensemble. Quand nous avons élaboré ce projet, il était question de le faire publier au niveau du secrétariat général du gouvernement pour que le président prenne un décret dans ce sens.


Quelle est la situation aujourd'hui. Le ministre Amadou Gon a-t-il refusé ?

Oui. Mais un refus politique. Nous disons que c'est une invitation à la violence.


Quelles sont les conditions pour que vous repreniez le travail ?

Il faut qu'on nous dise à quel niveau le dossier est. S'il ne peut pas aboutir pour que les agents soient motivés, il faut qu'ils soient contentés en attendant que tout rentre dans l'ordre. L'autre condition est que nous voulons discuter directement avec le ministre et non avec un intermédiaire. C'est le chef de cabinet qui n'a rien à voir avec l'agriculture qui est venu parce que c'est un homme politique. Nous sommes surpris, le directeur de cabinet est un ingénieur agronome. C'est lui qui doit porter une oreille attentive aux revendications du ministère de l'Agriculture. On ne parle pas de politique mais plutôt de souveraineté alimentaire de notre pays.


Vous êtes combien d'agents en grève ?

Environ 1500 agents sur toute l'étendue du territoire : Les gens ne travaillent pas. L'administration agricole est bloquée. Un bon manager ne travaille pas avec un petit noyau seulement. Je vous apprends que c'est la police qui nous approche. Pourtant, ce n'est pas son rôle. Au moment où on a besoin de la police pour nous sécuriser, on fait venir des loubards. Il y a déjà des cas de vol d'ordinateurs. On infiltre notre lutte. Nous allons tenir jusqu'à ce que l'Etat de Côte d'Ivoire nous entende.

Entretien réalisé par Djè K. M


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