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  Le Nouveau Réveil - N° - mardi 5 septembre 2017

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Décédé le 26 août à Malaga, Espagne Dagobert Banzio… une symphonie inachevée !

mardi 5 septembre 2017

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C
omme un couperet, la nouvelle du décès du ministre Dagobert Banzio est tombée dans la nuit du samedi 06 au dimanche 07 août, jetant le désarroi parmi les millions d’humains d’ici et d’ailleurs qui n’en reviennent pas.
Plus d’une semaine après, la dure réalité se confirmera ce mardi 05 septembre par le retour de la dépouille, à 16H, par le vol Air-France AF 520. Nul doute que l’émoi et le chagrin seront au rendez-vous, tant l’homme laisse un grand vide.
Un vide familial, politique, administratif, social, qui sera difficilement comblé. Dagobert Banzio était un homme pluridimensionnel qui ménageait allègrement l’ouverture d’esprit, l’altruisme et la rigueur du travail bien fait. A 60 ans, il fut l’un des meilleurs cadres de sa génération. Ayant pris le travail très au sérieux, le natif de Tinhou dans le département de Bloléquin, après un Bac C, entra à l’ENSTP de Yamoussoukro d’où il ressort ingénieur des Ponts et Chaussées avant d’entrer au Centre d’études des programmes économiques de Paris, qui fait de lui un économiste émérite, puis il fait un DEA (École des hautes études en sciences sociales et ENSAE), et termine avec un diplôme supérieur de recherches appliquées université Paris IX (Dauphine). Dagobert Banzio est un spécialiste en : négoce Café-Cacao ; Economie et Finances ; Marchés Publics et Administration; Affaires Parlementaires ; Infrastructures Economiques et Transports.

Le cadre compétent et dévoué

Par amour pour son pays, Dagobert Banzio n’a pas voulu rester en France, alors que des propositions ne lui manquaient pas. Il rentra pour se mettre résolument au service de la Côte d’Ivoire avec acharnement et dévouement. Ce qui lui valut de gravir les échelons dans la droite ligne de l’excellence. Il a atterri à la Direction des routes comme chef de service des investissements et des marchés; puis enseignant à l’ENSTP, comme directeur de la Division des moyens et chargé des Cours microéconomiques. Ensuite, le ministre de l’Economie et des Finances d’alors, Niamien N’goran, l’appela à ses côtés comme conseiller technique, il pilotera une dizaine de programmes et de projets de relance de plusieurs secteurs de l’économie ivoirienne au moment où, après la dévaluation du franc FCFA, la Côte d’Ivoire cherchait à combler le vide et à se remettre à flot. Banzio mènera à bien toutes les missions qui lui ont été assignées. Au point où on peut affirmer qu’il a été l’un des acteurs clés des 12 chantiers de l’Eléphant d’Afrique, point capital du programme de développement de la Côte d’Ivoire initié par le président Henri Konan Bédié, à partir de 1994. A la Caisse de Stabilisation où il entra, par la suite, en qualité de directeur de cabinet du directeur général, puis directeur général adjoint, Banzio contribuera efficacement à maintenir hors du gouffre commercial les deux mamelles de l’économie ivoirienne (le café et le cacao) en assurant la coordination technique des négociations sur la restructuration des filières Café et Cacao, en tant que membre du Comité National du Don d’Ajustement Structurel (DAS) et en participant à la conception du schéma de libéralisation face aux impératifs de calendrier et aux séances d’information et de sensibilisation des opérateurs. A partir de 2005, il entre au gouvernement comme ministre de la Jeunesse, de l’Education civique et des Sports : L’histoire retiendra que la Côte d’Ivoire a été qualifiée pour la première fois à la phase finale de la Coupe du monde de football, avec le ministre Dagobert Banzio, tout comme il est aussi le père de la parafiscalité qui permet de financer efficacement les Fédérations sportives. Il sera, par la suite, ministre de la Jeunesse, du sport et des loisirs; ministre des Infrastructures Economiques. Entre décembre 2010 et avril 2011, il fait partie des cadres triés sur le volet pour mener le travail autour des présidents Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié alors refugiés à l’hôtel du Golf, en pleine crise postélectorale. Il est membre du tout premier gouvernement du régime Ouattara formé au Golf Hôtel, dans lequel il est ministre de la Jeunesse, des Sports et Loisirs et de la Salubrité Urbaine. C’est donc Banzio qui fit ramasser toutes les ordures et souillures déversées à Abidjan et dans les importantes villes de l’intérieur du pays durant 2010 et durant la crise postélectorale. Il sera ministre du Commerce jusqu’en fin 2012. Partout où Banzio est passé, il a laissé des traces indélébiles de son savoir-faire et du travail bien fait.

Le militant engagé et le meneur d’hommes

Militant du PDCI-RDA depuis toujours, Dagobert Banzio n’a pas hésité, dès sa véritable entrée en politique, à présenter sa candidature aux législatives 2000, sous la bannière du PDCI-RDA, à Bloléquin, au moment où le FPI arrivé au pouvoir d’Etat, faisait feu de tout bois pour réduire le PDCI-RDA à néant à l’Ouest. Banzio est élu député de la circonscription de Blolequin : Banzio, Madeleine Oulaï et Déhé Paul, seront d’ailleurs les seuls députés PDCI-RDA dans les régions du Cavally et du Guemon (Ouest Montagneux) jusqu’en 2011. A l’Assemblée Nationale, il est élu membre de la Commission des affaires économiques et financières, puis passera vice-président de l’Assemblée nationale, après sa réélection de novembre 2011. En 2013, toujours sous la bannière du PDCI-RDA, il est élu président du Conseil régional du Cavally. Dagobert Banzio est entré au Bureau politique du PDCI-RDA dès 2002 et devient le Secrétaire national adjoint chargé de l’Economie et des finances au Secrétariat Général dudit parti. Délégué départemental de Blolequin puis coordonnateur des Activités du PDCI-RDA, puis Secrétaire Exécutif chargé des Commissions Techniques et représentant l’Ouest montagneux (régions du Tonkpi, du Guemon et du Cavally), Banzio a été nommé par le président Bédié, vice-président du PDCI-RDA depuis mai 2017. Père de 7 enfants, Dagobert Banzio, nonobstant ses nombreuses et importantes occupations, a gardé le sens de la famille. Il était un époux attentionné pour sa discrète et très attentionnée Rita et un père modèle pour ses enfants. Mieux, au-delà de sa famille, il était pour tous les siens et même tous ceux qui s’approchaient de lui, le baobab à l’ombre duquel l’on vient se rafraîchir et prendre des forces. Il était un soutien pour tous les paysans de l’Ouest, un exemple pour la jeunesse, un atout pour le pays entier.

Symphonie inachevée
Président du Conseil régional, il a pratiquement mis en chantier en trois ans les départements de Guiglo, de Toulépleu, de Taï et de Bloléquin. Il s’est attaqué d’abord aux routes et pistes qu’il a fait recycler dans tous les recoins avant de prendre à bras-le-corps le problème des infrastructures sanitaires, scolaires et eau potable et électricité. Comme il le dit lui-même à chaque occasion « Notre priorité, l’autonomisation des populations, l’éducation, la santé et l’électrification… Nos projets concernent tous les secteurs et touchent aux besoins de toutes les couches sociales de la population. Pour l’heure, la Région du Cavally enregistre plusieurs réalisations dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’électrification, de l’agriculture et de l’élevage, de l’insertion des jeunes, des logements sociaux et de la culture » Tout en annonçant, en février dernier « C’est pourquoi, pour marquer notre détermination à faire davantage, nous décrétons 2017 année d’actions intenses et de grande mobilisation de ressources financières». De 2013 à 2016, ce sont 13 collèges en construction (dans tous les chefs-lieux de sous-préfecture), dont beaucoup sont achevés. Des dizaines de pompes villageoises mises en service, plus de 20 villages électrifiés ou en voie de l’être, du matériel agricole et 537 hectares de pieds d’hévéa distribués à autant de jeunes dans les quatre départements, 200 Permis de Conduire pour les jeunes, l’installation de centaines de jeunes pour la pisciculture de Tilapia et la culture de tomate hors-sol… Mieux, Banzio était l’un des meneurs de la réconciliation entre les populations de l’Ouest.
L’icône de l’ouest, le grand frère des jeunes qui cherchent…, le guide des populations, Banzio était tout cela. Il s’était éperdument engagé pour l’ouest, pour que la région soit aux avant-postes du redécollage de la Côte d’Ivoire, pour que les enfants de l’Ouest soient dans le wagon de tête de l’émergence de la Côte d’Ivoire avec le Président Alassane Ouattara. Assurément, Banzio était des tout premiers cadres qui auront, très tôt, compris que l’Ouest ne sortira la tête de l’eau que lorsque les cadres, les travailleurs seront unis et donneront l’exemple de la solidarité agissante. Aussi, durant toute sa vie, il aura mis devant la fraternité, l’amour du prochain. Personnellement, nous avons bénéficié de sa mansuétude et de l’aura d’aîné, du Grand Frère. Il nous aura pris sous son bras, au moment même où planait l’incertitude. Pour nous, il était le grand frère à la place du père, le conseiller des temps d’hésitation, le devancier servant d’exemple, le quasi colistier aux dernières élections combinées des régionales (Cavally) et des municipales (Toulepleu). Nous y sommes allés, parce que Banzio y était. Et nous avons gagné avec Banzio. Politiquement, il a largement contribué à la renaissance de l’Ouest à l’unisson de ses fils et filles.
Avec sa disparition, s’éteint l’une des plus grandes valeurs intellectuelles du pays. Banzio était un homme accompli dont la vie pourrait se conter dans des livres et des livres.
Adieu, Grand Frère. Adieu cher modèle !

La Côte d’Ivoire te sera à jamais reconnaissante.

Ton petit frère
Denis Kah Zion
Maire de Toulepleu Achetez tout le journal

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