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  Le Nouveau Réveil - N° - mercredi 17 juillet 2013

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Gratuité des soins en milieu rural : L’Ue dégage 1 200 tonnes de médicaments

mercredi 17 juillet 2013

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A
près une décennie de crise, la Côte d’Ivoire fait face à de nombreux défis dans le domaine de la santé. Pour soulager la population, le président a, dans un premier temps, lancé la gratuité des soins et les résultats sont connus de tous, 30 milliards ont été déboursés par l’Etat ivoirien dans le cadre de cette politique qui a duré 9 mois. Place est désormais à la gratuité ciblée qui prend en compte la mère et l’enfant de moins de 5 ans et les femmes enceintes. En dépit des efforts du gouvernement et des partenaires dans ce domaine, les obstacles matériels, financiers et géographiques perdurent et affectent particulièrement les femmes et les enfants. C’est donc pour aider le gouvernement à relever ce défi que la Commission européenne a décidé de financer cet appui en partenariat avec l’Unicef. La direction générale de l’aide humanitaire de la Commission européenne (Echo) en partenariat avec l’Unicef, à travers un projet de fourniture de 1.200 tonnes de médicaments essentiels et d’outils de gestion pour un montant de 6,5 millions d’Euros. Ce projet, il faut le rappeler, vise à atteindre les points 4 et 5 des Omd notamment la réduction de 2/3 de la mortalité infanto-juvénile et ¾ de la mortalité maternelle et mis en place dans 17 districts sanitaires. Débuté en Août dernier, le projet Archo/Unicef a une durée de vie de 18 mois.

Mise en œuvre et regard des bénéficiaires

Dans le cadre de ce projet, une visite de terrain a été menée le 4 juillet dernier dans la région des 18 Montagnes, Man et Gbagbegouiné-Yati, petit village situé à 20 km de Man sur l’axe Man Danané. Cette visite a permis de toucher du doigt les réalités du terrain quant à la mise en œuvre de la gratuité ciblée au niveau rural, loin d’Abidjan. Mais surtout mesurer l’apport du projet Archo/Unicef. Dans cette localité, le projet a débuté en mai. Aux dires du médecin chef, Kouassi Désiré, grâce au projet, il y a une nette amélioration du taux de fréquentation du seul dispensaire qui couvre 18 villages pour 50 naissances en moyenne par mois. Les femmes enceintes et les enfants de -5 ans sont les plus fréquents au dispensaire. Et cela est dû au fait que les femmes qui sont venues donner naissance ici ont constaté l’effectivité de la gratuité et ont véhiculé l’information au niveau de leur localité. De bouche à oreille comme une trainée de poudre, de nombreuses femmes enceintes ont appris la bonne nouvelle. Vous savez ici, les femmes accouchent pour la plupart à la maison. Les centres de santé ne sont fréquentés qu’en cas de complication et souvent, quand c’est compliqué, nous les conduisons vers l’hôpital général à Man. Tia Marie Laure, qui vient de donner naissance à un petit garçon ce matin-là à 6h30, vient confirmer les dires du médecin-chef. «C’est d’autres femmes qui ont accouché ici sans payer un sou qui nous ont conseillé. Je demande à mes autres sœurs de ne pas rester dans les campements pour accoucher, elles peuvent venir ici, tout est gratuit. Moi, j’ai accouché sans rien payer». Gueu Sidonie, belle-mère de Tia Marie Laure, renchérit toute heureuse « tout est gratuit et nous sommes heureuses». Selon le médecin-chef du dispensaire, le projet est venu renforcer la gratuité ciblée et cela, pour le bonheur de nos patients. Il y a 4 mois que les médicaments sont arrivés et cela aide beaucoup nos parents. Le chef du village de Gbagbegouiné, Oulaï Tiémoko, entouré de ses notables, lui, se félicite de cet apport à l’endroit des femmes enceinte et des enfants des moins de 5 ans. Il souhaite néanmoins que cela s’étende aux personnes du 3ème âge. Dans le cadre du projet Echo/Unicef, le dispensaire a obtenu 386.637 francs de médicaments reçus gratuitement contre 170.089 francs de médicaments obtenus dans le cadre de la gratuité ciblée. Ce qui montre bien l’apport plus qu’important du projet Archo dans le cadre de la mise en œuvre de la gratuité ciblée.

L’apport des partenaires du projet Archo

L’Union européenne et l’Unicef ne sont pas les seules dans le cadre de la mise en œuvre du projet, dans la région de Man, le projet Archo bénéficie de l’aide International rescue commitee (Irc), une Ong américaine intervenant dans la région. Appui au fonctionnement des structures et à la gestion du matériel, dotation en équipement, renforcement des capacités des agents pour une meilleure gestion des médicaments, dans l’optique d’améliorer l’offre de soin et la mise en œuvre de la gratuité. Selon Kouadio Florence, «l’Irc intervient dans le volet mis en œuvre. Nous avons pour mission d’appuyer à la distribution, à l’acheminement, la formation des prestataires»…

Le projet sauve des vies au Chr de Man

«Ce projet est un pain béni parce que s’il faut, à chaque fois faire des ordonnances, nous risquons de perdre beaucoup de patients. Ce projet nous permet d’intervenir aussitôt» nous reçoit, tout heureux, Dr Blaide Franck Eric, Gyneco en second du service de Gyneco du Chr de Man. «Nous avons eu pour le mois de juin, 148 accouchements dont 42 césariennes. Ces cas sont dûs au manque de consultations prénatales. Les femmes ne viennent à l’hôpital que quand il y a des complications» poursuit-il. Juste à côté, sur un lit d’hôpital, Kaboré Lassmata sort directement de la salle d’opération, elle n’a pas suivi de consultations prénatales essentielles dès les premières semaines de grossesses jusqu'à ce qu’elle soit à terme. Voulant donner naissance dans son campement, comme cela est de fréquence dans cette zone, elle s’est heurtée à des complications. Transportée d’urgence au Chr, les médecins ont pu la sauver. Elle a fait une crise d’éclampsie. La crise d'éclampsie est une des plus redoutables complications de la pré éclampsie (ou toxémie gravidique) sévère. Plus simplement, hypertension artérielle gravidique ou encore une hausse de tension. Elle aurait pu perdre la vie et celle de ses enfants qu’elle attendait. Des jumeaux qu’elle ne peut, malheureusement, allaiter pour l’instant à cause de sa situation. C’est sa coépouse, mère d’un enfant de 6 mois, qui donne à téter aux jumeaux. Grâce au projet, cette mère et ses enfants ont pu être sauvés sans débourser un seul sou.
En pédiatrie, c’est la même satisfaction, selon Dr Aka, «on a une grande chance avec le projet Archo/Unicef, le nombre d’enfants qui restent dans le lit jusqu'à la fin du traitement a augmenté. Par le passé, faute de moyen, les parents retournaient avec leurs enfants sans même que les soins ne soient terminés. N’eût été le projet, beaucoup d’enfants seraient décédés en famille. Or un enfant qui décède est un échec de tout le système». Mme N’guessan, sage-femme major, a, quant à elle, remarqué une augmentation considérable. 180% de taux de consultation en pédiatrie. Les consultations prénatales sont passées de 236 à 270 et les accouchements sont passés de 224 à 282 le mois de juin. Ce qui fera dire au surveillant chef que «le projet est une aubaine pour nos patients et la population». La mise en œuvre du projet permet de traiter jusqu'à 85% des maladies les plus mortelles pour les enfants de moins de 5 ans et vise pour cible 1 million de femmes enceintes et d’enfants de moins de 5 ans dans les zones les plus affectées par la crise.
Jean Prisca
Envoyé spécial à Man Achetez tout le journal

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