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  Le Nouveau Réveil - N°2200 - mercredi 22 avril 2009

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Drame du stade Félix Houphouët-Boigny du dimanche 29 mars : Larmes de sang et larmes de crocodile !

mercredi 22 avril 2009

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L
es familles des 19 morts et les 132 blessés de la bousculade du dimanche 29 mars au stade Félix HOUPHOHET-BOIGNY versent et verseront pendant longtemps des larmes de sang pour les êtres chers perdus et les blessures profondes et douloureuses qui marqueront à vie ces éclopés de l'incompétence et de la cupidité !
Nous nous inclinons avec amertume et tristesse devant les dépouilles de ces morts inutiles provoqués par l'insouciance, la désinvolture et l'avarice rapace de ces personnes qui pensent que la vie des autres n'a aucune valeur et que seuls comptent et doivent compter leurs intérêts égoïstes, mesquins et méchants! Nous disons ''yako'' à toutes ces familles meurtries et à tous ces blessés qui souffrent aujourd'hui dans leur chair du fait de l'impéritie et de l'âpreté au gain de ceux-là qui censés les protéger, sont devenus leurs bourreaux parce qu'il fallait favoriser ceux qu'on a rackettés au détriment de ceux qui possédaient des tickets réguliers pour accéder au stade.
En outre, la mission a eux assignée était sans doute trop lourde et les dépassait totalement : il ne s'agissait pas en effet d'aller appréhender une personnalité politique de l'opposition qui aurait fait des déclarations qui ont heurté les délicates oreilles du chef d'Etat Major et des grands commandants des Forces de Défense ( ?) et de Sécurité ( ?)
Nous sommes donc surpris par cette agitation bruyante et tragicomique de nos autorités, agitation si peu coutumière sous nos cieux lorsque des drames frappent la miséreuse population ivoirienne.
Ne perdons en effet jamais de vue, n'oublions jamais que la devise officielle des refondateurs, proclamée urbi et orbi par leur chef est : "mille morts à gauche, mille morts à droite, moi, j'avance !"
Comment veut-on ainsi que l'émotion, la détresse ou la compassion puisse un seul instant s'emparer de ces cœurs de pierre pour qui la mort est un viatique pour assouvir leur dessein ?
Il n'est donc pas étonnant que ''l'accueil'' réservé aux deuils innombrables, généralement provoqués, quelques rares fois naturels, c'est l'indifférence de ceux-là qui s'en délectent et auraient pu crier comme ces Espagnols de la guerre civile d'Espagne : '' viva la muerte'', vive la mort !
Pourquoi alors cette soudaine pseudo émotion devant '' seulement'' 19 morts? Nous sommes si loin du compte, nous sommes si loin des milliers de morts nécessaires et indispensables à la progression de notre immortel ! L'explication se trouve dans le fait que la presse et l'opinion internationales se sont emparées de l'événement et qu'il était par conséquent difficile d'étouffer officiellement comme cela est de coutume dans les drames ivoiro-ivoiriens.
Il faut donc faire bonne figure devant cette presse et cette opinion internationales et démontrer à la face du monde que le régime ivoirien ne saurait tolérer des fautes et/ou des défaillances aux conséquences aussi tragiques et aussi funestes.
Alors branle-bas de combat :
- Conseils de gouvernement extraordinaires par ci, conseil de ministre exceptionnel par là, saisine théâtrale du procureur de la République pour dire que ce drame tient à cœur et qu'on est bouleversé jusqu'au tréfonds de soi-même :
- Comme mentionné plus haut, saisine du procureur de la république par le chef de l'Etat dans un courrier spectacle adressé à ce haut fonctionnaire, pour enquête diligente et urgente dont les conclusions seront publiées naturellement à la connaissance de l'univers entier !
Quant aux sanctions, elles suivront inéluctablement car il faut que dans cette affaire, les responsables et coupables soient sévèrement sanctionnés !
- Les investigations au forceps de la gendarmerie et de la police pour situer des responsabilités qui sautent pourtant aux yeux !
Nul doute que dans tous les cas, des responsables seront trouvés et on condamnera très rapidement trois pelés et deux tondus, des sous lampistes avérés qu'on ''dévouera'' à l'opinion en courroux à l'instar de l'âme de la fable ''dévoué au ciel en courroux''.
Car pour une fois, nous assure-t-on, les enquêtes aboutiront : foi de refondateur!
C'est parce que cette affaire est prise très au sérieux qu'un deuil national de trois jours a été décrété et qu'une cérémonie d'hommage aux victimes a été organisée sur les lieux du drame. Cérémonie au cours de laquelle notre guide divin, oubliant ses lunettes fumées, a versé d'augustes larmes qu'il aurait été judicieux de recueillir comme un trophée à conserver dans un musée pour la postérité.
Nous savons tous en effet que la grande spécialité du régime des refondateurs, c'est d'annoncer à grand renfort de trompettes des enquêtes urgentes qui n'aboutissent jamais.
Qui ne se souvient de cette enquête ouverte en 2001 dont les conclusions devaient être connues dans les 15 jours?
Nous sommes aujourd'hui en 2009 et les 15 jours ne sont pas encore écoulés!
Le temps a vraiment suspendu son vol pour la circonstance !
Nous attendons pareillement la suite réservée à cette kyrielle d'investigations qui ne livreront sans doute leurs secrets qu'à nos arrières petits enfants … si la chance leur sourit !
Ainsi va la refondation qui n'a jamais rien à se reprocher, passant son temps à accuser les autres et à rejeter sur eux les conséquences de ses consequences, de ses méfaits et de ses turpitudes.
La seule fois où une enquête a abouti sous la refondation, elle a conclu à l'innocence de tous les accusés, les morts du charnier de Yopougon s'étant tout d'abord suicidés, avant de se transporter du côté de la MACA !
Au fait, où en sommes-nous avec les massacres du 26 octobre 2000, injustement attribués au général GUEI et qui ont entraîné :
-l'organisation d'une cérémonie d'hommage au cours de laquelle le chef de l'Etat n'a fait que voir le dos des nageurs sans qu'aucune larme ne perle de ses yeux ?
- l'édification d'un monument hideux pompeusement baptisé monument de martyrs ? Martyrs de qui dites-nous ?
Qu'est-il advenu des tueries perpétrées sur les militants du RDR le lendemain des élections de l'an 2000 ?
Quelle enquête a-t-on ordonnée sur les meurtres et assassinats innombrables des escadrons de la mort ?
Qui a massacré le général GUEI, dont le corps a été confisqué pour des raisons (mystiques) obscures, sa famille et ses proches ?
Où en sommes-nous des meurtres commis sur les campus ?
Quelle est la vérité sur les charniers et fosses communes sans nombre, disséminés sur l'ensemble du territoire national ?
Ces milliers de morts n'ont jamais ému les refondateurs, a fortiori provoquer la moindre larme de Soundjata premier ?
Où en est-on de l'enquête, confiée au même procureur, sur cette fameuse usine de chocolat aux Etats-Unis ?
Chaque fois qu'une enquête sérieuse est susceptible d'atteindre les pontes du régime, monsieur Gbagbo et son pouvoir font intervenir la force brutale et tout s'arrête !
Les victimes et familles de victimes des déchets toxiques du FPI en savent quelque chose !
Dans cette affaire, l'ancien président de la république qui a mis un mois avant de se rendre sur un site contaminé, n'a coulé aucune larme sur les 17 morts officiels d'alors !
A moins que le chiffre, seul à même de provoquer des larmes soit le chiffre 19!
Ainsi, les catastrophes qui surviennent en Côte d'Ivoire avec mort d'homme n'ont jamais suscité le moindre intérêt, ni provoqué la moindre compassion auprès des refondateurs et de leur chef sauf quand il s'agit d'aller se livrer à une compassion marketing politique à Bongouanou et ailleurs, pour une quête désespérée de voix ?
N'oublions pas en effet que ce régime, né dans le sang, se nourrit de sang et ne peut prospérer, vivre et survivre que dans le sang.
Sa soif inextinguible de sang humain est plus terrible et pire que celle de Tantale dans les enfers ?
Comment peut-on en effet féliciter sa garde prétorienne et ses milices tribales pour avoir trucidé plus de 500 opposants et blessé ou fait disparaître des centaines d'autres et faire semblant de se fendre de douleur et de fondre en larmes pour 19 morts ? Concernant ces 518 morts et ces centaines de morts des 25, 26 et 27 mars 2004, nous osons espérer qu'après un silence et un oubli de 5ans, l'opposition ivoirienne instituera chaque année des journées du "mois de mars noir" pour commémorer ses militants qui ont donné leur vie pour sa cause et que l'amnésie dont elle fait montre en ce moment prendra fin.
Comment peut-on refuser qu'on identifie et qu'on punisse les criminels qui ont importé des déchets toxiques pour s'enrichir en massacrant et /ou en empoisonnant à vie leurs ( ?) compatriotes et cherché à donner à penser un seul instant que les 19 morts du stade HOUPHOUET- BOIGNY sont inacceptables ?
Comment peut-on rester insensible aux tueries perpétrées sur des jeunes gens réclamant la tenue effective des audiences foraines qui ont fait officiellement 12 morts, et vouloir faire admettre que ce qui s'est passé au stade est intolérable ?
Comment peut-on faire tirer à balle réelle sur des femmes aux mains nues criant famine et tenter de se faire passer pour un bon samaritain au cœur sensible et à l'âme meurtrie par les événements du stade ?
Tous ce remue-ménage, toutes ces déclarations fracassantes, ces mines faussement contrites, ne sont qu'une vaste et ignoble comédie pour calmer l'opinion internationale, la CAF et la FIFA, l'opinion nationale n'étant pas à prendre en compte parce qu'elle est celle d'un peuple de crétins et d'idiots résignés et prêts à accepter leur sort sans dire mot !
Monsieur Gbagbo et son régime ne font que verser des larmes de crocodile, moins parce qu'il y a eu des morts que parce que ces morts n'ont pas été ordonnés et parce que la nouvelle a vite fait le tour du monde entier.
Nul doute que lorsque le Tout Puissant les rappellera, les refondateurs, avant de quitter ce monde, diront, avec l'empereur Auguste, "ACTA EST FABULA", "la farce est jouée", ou mieux, "avons-nous bien joué la comédie de la vie ?"
Il parait qu'il y a eu des gens assez stupides pour danser après le coup d'Etat du 24 decembre 1999 parce qu'il y aurait eu changement. Nous sommes donc désormais en plein dans ce changement et disons à ces danseurs insensés, l'inverse de la conclusion du fabuliste, "Eh bien chantez maintenant !"

DOUBE BINTY

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